Dans quelques heures la commission "anti-violence" de l'Assemblée de Corse va examiner la motion que j'ai déposée lors de la session de novembre dernier.

Il me semblait naturel d'obtenir une condamnation ferme et solennelle de tous les assassinats et les meurtres commis en Corse et surtout de l'incroyable tentative de justification de l'un d'eux par le FLNC.

Mais très honnêtement je ne pensais pas qu'il serait pas nécessaire pour cela de déposer une motion, la gravité de l'acte appelait une condamnation collective immédiate sans autre formalisme.

Comment passer sous silence ce retour à la vengeance privée, comment accepter que quelques-uns s’autoproclament, hors de tout contrôle des citoyens, à la fois policiers, magistrats, procureurs et bourreaux ?

Les élus régionaux n'ont ni le pouvoir de la police, ni celui de la justice – ils sont de la responsabilité de l'état et de lui seul – mais ils ont le pouvoir de la parole. Ils ont le pouvoir d'affirmer les principes humains auxquels ils croient, et de dénoncer des actes dont la gravité est telle qu'ils minent les fondements mêmes de notre société.

Et plus qu'un pouvoir c'est un devoir. Pour affirmer qu'un assassinat n'est jamais légitime ou juste.

En refusant d'ouvrir ce débat pour condamner séance tenante notre Assemblée a jeté un trouble dans l'opinion ; trouble que ne dissipera pas un débat décalé.