Cherté de la vie en Corse - ne peut-on vraiment rien y faire

Un nouveau rapport de l’association de consommateurs « Que choisir » révèle le montant exorbitant des frais bancaires pratiqués par les banques en Corse. Ces tarifs sont élevés, opaques et souvent injustifiés dans toutes les régions, mais en Corse ils battent des records. Télécharger le rapport que choisir « Tarifs-mobilite-bancaires » 330 ko.

Que nous apporte cet énième rapport ? Pas grand chose en dehors de la confirmation d’un constat qui a déjà été fait dans d’autres domaines comme les transports, l’alimentation, le ciment, la construction ou le carburant pour ne citer que les plus saillants. La Corse est bien la région la plus chère de France et il n’est pas étonnant que nos villes figurent régulièrement en tête des palmarès nationaux des villes les plus chères. Ce rapport, comme ceux qui l’ont précédé nous apporte la connaissance, et c’est important, mais comme tous ceux qui l’ont précédé, il finira dans un tiroir !

Or, connaître c’est important, mais c’est agir qui compte. Il me semble désormais essentiel de prendre ce problème à bras le corps, afin d’y apporter des réponses concrètes et rapides. Car, si la Corse est la région la plus chère de France, c’est aussi celle où les revenus sont les plus faibles et les ménages les plus endettés. Je crois qu’il y a dans ce paradoxe apparent une réelle injustice, vécue comme une sorte de double peine par nos concitoyens.

Agir, oui mais comment ? Certainement pas en continuant à demander aux autorités de résoudre d’apporter seules des réponses, sans moyens juridiques elles ne pourront jamais obtenir le moindre résultat en dehors de quelques correctifs de courte durée. D’autant qu’elles n’ont plus le crédit nécessaire dans l’opinion, incapables qu’elles sont, de maîtriser leur propre fiscalité pour tout un tas de bonnes raisons qui ne sont pas accessibles au citoyen.

Parvenir à mobiliser les consommateurs, les aider à s’organiser, à devenir de puissants contre pouvoirs économiques, est une piste de travail qui n’a jamais été explorée. La mobilisation des consommateurs n’entre pas dans la culture française, alors qu’elle montre son efficience depuis des années aux Etats Unis.

L’idée est de les rendre capables de peser sur les politiques tarifaires et la qualité des offres des grands et petits groupes. En les dotant de moyens d’investigation et de communication, pour contrer les abus de positions dominantes ou monopolistiques et les ententes qui sont fréquentes dans l’île.