Transports : les compagnies maritimes face au - 18456434.jpgLes représentants des trois compagnies maritimes ont été auditionnés, hier à l’assemblée de Corse, par la commission du développement économique, présidée par François Tatti. Tour à tour, la Corsica Ferries, la CMN (représenté par Marc Reverchon, ici à droite) et la SNCM ont donné leur sentiment sur le cahier des charges.

La Corsica Ferries, la CMN et la SNCM ont été auditionnées par la commission du développement économique de l’assemblée de Corse. Elles ont donné leur sentiment sur la délégation de service public.

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Les transports maritimes sont au cœur de l’actualité politique de la semaine. Quelques jours avant l’assemblée de Corse, c’est la commission du développement économique qui s’est penchée sur le rapport concernant la future délégation de service public.

On l’a dit, ce rapport sur la desserte maritime entre la Corse et le Continent, concocté par le président de l’office des transports Paul-Marie Bartoli, met le cap sur des modifications importantes : un allongement de la DSP à 12 ans, une enveloppe constante, un service de base assuré par des cargos mixtes, une suppression de l’aide sociale et du service complémentaire, la mise en place d’un service garanti… C’est donc un engagement lourd que propose la CTC aux futurs délégataires. Son compas de route à la main, la commission du développement économique a choisi d’entendre les parties prenantes, avant la présentation du projet aux conseillers territoriaux. « La problématique du transport maritime est une question très importante. Elle a des incidences sociales, financières et économiques sur l’ensemble de la Corse. Il est important de savoir comment les entreprises voient les travaux que nous réalisons. De notre côté, ces rencontres permettent de jauger s’il est nécessaire de corriger le tir sur certains points »,a souligné le président de la commission, François Tatti.

Durant toute la matinée, les trois représentants des compagnies concernées (Corsica Ferries, SNCM, CMN) et les responsables des syndicats de transporteurs routiers de Corse, ont été auditionnés. Tour à tour, Pierre Mattei (Corsica Ferries), Marc Dufour et Pierre-André Giovannini (SNCM), Marc Reverchon et ses directeurs (CMN) se sont succédé devant les membres de la commission et le directeur de l’OTC, Francis Pian, pour livrer leur sentiment sur cette DSP qui entrera en vigueur à compter du 1er janvier 2014. De l’avis général, les participants demandent des précisions sur le cahier des charges.

Service garanti, pas d’obstacle

Des problèmes de forme suscitent l’inquiétude des compagnies maritimes. On a reparlé de l’éventuelle extension de la DSP sur Toulon. Le cahier des charges ne précisant pas les ports continentaux qui seront rattachés à la Corse, chaque compagnie maritime a fait part de ses préoccupations – qui ne sont pas toutes les mêmes – sur le sujet et souhaite des clarifications.

La Corsica Ferries a dénoncé, une nouvelle fois des OSP « sur mesure » pour favoriser la SNCM. Pour la Méridionale, le cahier des charges précisé dans le rapport de l’exécutif est un bouleversement total. La CMN a insisté notamment sur des questions techniques et demande des ajustements sur les « sociétés dédiées » afin de pouvoir répondre conjointement à un appel d’offres.

Quant à la SNCM, elle semble plutôt satisfaite des propositions générales et se dit prête à s’engager dans ce processus, en soutenant activement l’hypothèse de l’extension du service public au port varois.

Des difficultés à atteindre l’objectif

Concernant l’arrivée du service garanti, il n’y a pas d’obstacle. Aucune des entreprises n’a exprimé de difficulté particulière sur la nécessité de lancer un service en cas de grève. Des détails sont cependant souhaités sur l’étendue de la formulation et les conditions de mise en œuvre.

En revanche, les compagnies ont soulevé un problème de fond plus difficile à résoudre. Elles sont revenues sur l’ensemble de l’architecture du projet avec en filigrane les problèmes financiers. Le dilemme aides tarifs refait surface, en période de récession.

D’un côté, on leur demande une baisse des tarifs, fret et des résidents d’environ 25 %, et de l’autre, elles doivent faire face à une enveloppe constante et une baisse des recettes avec notamment la suppression du service complémentaire. Les compagnies ont clairement exprimé certaines difficultés à atteindre ces objectifs, en l’occurrence la baisser des tarifs. « Il y a une savante architecture à mettre en place, mais le cahier des charges est assez ouvert pour permettre à chacun des compétiteurs de faire ses propositions », a affirmé François Tatti qui estime que« rien n’est figé ». Au niveau des transporteurs routiers, deux problèmes essentiels ont été soulevés : la nécessité d’assurer la continuité du service public. Ils demandent que des conditions de garantie en cas de grève soient détaillées au cahier des charges.

L’autre préoccupation porte sur l’avenir. Ils souhaitent que les entreprises basées en Corse puissent bénéficier d’un tarif résident. La proposition est-elle viable sur le plan juridique ? Des vérifications seront menées. Les inquiétudes, difficultés et les propositions des entreprises et des syndicats sont désormais actées. « C’est un éclairage intéressant »,a jugé François Tatti. La manœuvre permettra peut-être au rapport d’accoster dans de bonnes conditions la semaine prochaine à l’assemblée de Corse.

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