Interview donnée à Corse Matin le 9 juillet 2015 suite à la réunion publique organisée par le MCD à Lupino

De quelle manière le mcd – fondé sur le socle de la municipale bastiaise –  a-t-il vécu depuis sa création ?
Le MCD a été créé il y a tout juste un an. C’est un mouvement jeune mais il a déjà fait ses preuves sur le terrain des idées en prenant des positions courageuses et porteuses d’avenir sur la plupart des sujets d’actualité, comme de fond. Il a aussi fait ses preuves sur le terrain électoral puisque nos 2 militantes aux élections départementales, Marie Claire Poggi et Sylvie Andreani, ont été brillamment élues à Lupino et dans le Cap Corse.

Un mouvement politique aussi jeune n’est-il pas un désavantage pour livrer une bataille régionale  ?
La jeunesse et la nouveauté sont un avantage. Combien de partis plus anciens, minés par les échecs et les querelles internes n’ont plus la capacité de constituer une liste crédible. Nous avons un socle électoral puissant dans l’agglomération Bastiaise et nous avons commencé à l’élargir à d’autres territoires, tels la Casinca, la Balagne, le centre Corse, le Fium’orbu et le Sartenais. Cela nous permet d’espérer raisonnablement le franchissement du seuil des 5% pour figurer au deuxième tour. Mais nous avons l’ambition de faire beaucoup mieux et nous allons continuer à construire. Nous ne sommes qu’au début de la démarche, dans les prochains jours nous serons à Ajaccio pour élargir ce rassemblement. Cette élection est pour nous une occasion unique de donner au MCD l’assise régionale dont il a besoin.

Pour quelle raison êtes-vous candidat ?
Nous avons une conception de l’avenir de la Corse qui n’est défendue par personne. Favorables à l’évolution institutionnelle mais hostiles aux projets qui tendent à isoler notre l’île, au repli sur soi. Favorables aux réflexions de long terme mais ancrés dans l’action, le travail au quotidien au service de la population. Les Corses attendent que l’on agisse concrètement, que l’on cesse de perdre notre temps en débats stériles qui ne créent pas un emploi, pas une entreprise, pas un logement. Cet avenir, nous voulons le construire sur bases saines : équité, sans passe-droit, transparence dans la gestion des affaires publiques.

Avez-vous des partenaires ou d’autres personnalités politiques qui s’engagent à vos côtés ?
Hier soir, l’assemblée générale du MCD m’a mandaté pour élargir notre démarche à l’ensemble du territoire régional. Nous allons nous y atteler tout cet été mais d’ores et déjà vous avez pu découvrir quelques personnalités. Et d’abord la jeunesse. Aux côtés des jeunes élus Bastiais, vous avez entendu hier Anne Labertrandie, élue de Sartène et Vice-présidente de la Communauté de Communes du Sartenais Valinco. Benoît Bruzi, le tout nouveau jeune et dynamique maire de Vescovato. Jean François Puccini président de la communauté de communes du Niolu, Antoine Piacentini, président de la Chambre des métiers. Jean Marc Venturi, qui a vocation à apporter son expérience reconnue de tous au service de la région.

Quel impact l’union avec jl milani, gilles simeoni, puis la désunion moins d’un an après, aura-t-elle sur l’opinion publique  ?
La déception d’aujourd’hui est à la hauteur des espérances d’hier. Je suis le premier consterné par le comportement de nos alliés municipaux : jamais je n’aurais pris l’initiative de remettre en cause nos accords municipaux pour des motifs qui n’ont rien à voir avec l’engagement pris devant les Bastiais. Les Bastiais ne s’y trompent pas, ils vont sanctionner ceux qui veulent la rupture. Pour ma part je crois toujours aux vertus du dialogue et de l’ouverture, en dépit du volte-face de Gilles Simeoni.

Entre l’alliance droite-gauche-nationaliste à Bastia et votre action d’homme de gauche républicain sur les bancs de l’assemblée, vous faudra-t-il faire preuve de pédagogie durant la campagne ?
Où est le problème ? L’alliance Bastiaise s’est construite sur un contrat de mandature clair : un projet pour Bastia dans lequel chaque composante a conservé son identité. Personne n’imagine une seconde que j’aurais pu renoncer à mes convictions de Gauche pour faire cette alliance. Et si demain il devait y avoir une alliance à la CTC elle se fera sur les mêmes bases claires.

Après la crise politique survenue à la cab, pour quelle raison un électeur voterait-il pour vous ?    
Les électeurs ne sont pas dupes. Chacun connaît mon intégrité, mon engagement et ce que j’ai fait pour Bastia et l’ensemble de la Corse. Quant aux Bastiais, ils savent aussi qu’ils seront les premières victimes de cette crise si elle perdurait. Je pense aux commerçants, aux demandeurs d’emplois, aux mal-logés. Dès lors la véritable question n’est pas de savoir pourquoi les électeurs voteraient pour moi, mais pourquoi voteraient-ils pour ceux qui ont provoqué cette crise ?

Quel message allez-vous porter devant les Corses  ?    
J’ai un message très simple : la Corse peut et doit croire en elle. Nous avons des atouts incroyables, des richesses, des outils, des jeunes qui ont des compétences et de l’ambition. Beaucoup a été fait même si c’est insuffisant. Cessons d’accorder de l’importance aux imposteurs, à ceux qui alimentent la critique et le désordre. Ne nous laissons pas abuser par les beaux discours ; ils sont aussi creux que le bilan de ceux qui les portent. Retroussons-nous les manches, rassemblons les hommes et les femmes de bonne volonté et travaillons !

La prochaine mandature préparera la collectivité unique, la transition s’annonce -t-elle difficile ?    
C’est un mandature de transition donc, elle sera forcément compliquée. Le délai me paraît très court pour préparer la mise en route de la collectivité unique en 2017. Il ne s’agit pas de perdre deux ans. Le drame serait de consacrer plus d’énergie à sa création qu’au travail concret au service du peuple. Je m’attacherai à défendre la réforme de la Collectivité unique en faisant en sorte que comme prévu existe à Bastia une instance représentative des territoires. Je m’emploierai surtout à œuvrer pour qu’avancent durant ces deux années les projets structurants auxquels je crois : le port de la Carbonite, l’office foncier par exemple.

Ces dernières années, l’assemblée et le conseil exécutif ont-t-ils fait des choix qui ne seraient pas les vôtres aujourd’hui ?    
J’ai fait partie de cette majorité dans le cadre d’un contrat de gestion et effectivement je n’ai pas voté toutes les propositions de la majorité. Ainsi, par exemple, je n’ai pas voté pour le statut de résident. Tel qu’il a été proposé, il ne présente aucun avantage pour la Corse. Mais j’ai aussi, avec d’autres, contribué à la modification de plusieurs délibérations. C’est le cas pour la demande d’inscription de la Corse dans l’article 72 de la constitution dont la version initiale était inacceptable.

Vous direz qu’il est trop tôt pour parler d’alliances d’entre deux-tours mais quels sont les partis ou mouvements qui pourraient avoir votre préférence ?
Je n’en suis pas là. Nous n’avons pas encore constitué de liste et encore moins construit un projet. Mais il est clair que nous ne sommes pas prêts à toutes les alliances pour gagner à tout prix. Nous ne participerons à une union que si la Gauche est respectée et est conforme à nos valeurs et à notre projet.

Conseiller municipal, président de la cab et du syvadec, en cas de victoire en décembre, à laquelle de ces charges renonceriez-vous ?    
Cela aussi je ne le déciderais pas tout seul. Je demanderai l’avis du mouvement avant toute décision.

Les derniers propos du maire de Bastia à votre égard n’ont pas été tendres, une réplique à lui adresser ?
Gilles Simeoni énonce des contre-vérités mais je suis d’accord avec lui sur un point : il faut faire mieux, même beaucoup mieux et surtout plus vite. Les Bastiais savent que sans les élus du MCD, cela ne sera pas possible et c’est bien pour cela qu’ils nous ont élus ensemble. Personnellement, je m’attache, avec l’ensemble des élus du MCD, à respecter scrupuleusement le contrat de mandature, le contrat que nous avons passé devant le peuple de Bastia.