Deux semaines après le retrait du questionnaire sur la diversité culturelle, je constate avec regret que la polémique n’est toujours pas close.

Alors que partout ailleurs, cette lamentable affaire se serait soldée par les excuses publiques des autorités concernées, ici on préfère mettre en cause l’ensemble les personnes qui l’ont dénoncée.

Devant une telle situation il me parait tout d’abord essentiel de réaffirmer notre soutien à tous ceux qui ont permis de stopper la diffusion de ce questionnaire.

En effet, comment ne pas réagir quand on incrimine des enseignants et des étudiants qui se sont comportés en véritables lanceurs d’alerte ? Ils doivent être protégés et soutenus car ils ont dénoncé un questionnaire illégal qui, en dépit de ce qu’on tente de faire croire aujourd’hui, était bien sur le point d’être diffusé.

Notre devoir est de défendre le monde universitaire contre toutes les tentatives de caporalisation et d’instrumentalisation. On ne peut pas louer son indépendance d’esprit quand il se dresse contre Paris et le mépriser lorsqu’il ose contester des décisions locales.

Notre devoir est surtout d’exiger que de tels sujets de société soient traités avec toute la rigueur et les précautions qui s’imposent pour éviter les confusions et les risques de dérive.

Le débat sur la gestion de la diversité culturelle impose la participation de l’Assemblée de Corse à toutes étapes de sa préparation, y compris sur l’opportunité, la forme et le contenu même d’un questionnaire. Ce ne serait pas une première puisque c’est la démarche qui avait prévalu pour préparer la réalisation d’un sondage, sous la précédente mandature, en vue des débats du PADDUC.

Il appartient à présent au président de l’Assemblée de Corse de tirer les enseignements de cet échec et de changer de méthode afin de créer les conditions de la réussite d’un débat public serein et utile sur un sujet de société qui le mérite amplement.