Au lendemain de son éviction d’adjoint au maire Julien Morganti publie la lettre qu’il a adressée à Gilles Simeoni.

« Bastia, le 28 juillet 2015

Lettre à Gilles Simeoni,

J’ai passé 16 mois à vos côtés comme 4ème Maire-adjoint de Bastia en charge des infrastructures et des aménagements urbains.

Vous me jugez coupable d’avoir été fidèle à cette majorité dans mes votes, vous me reprochez d’avoir été travailleur, vous m’accusez d’avoir été au service de la population bastiaise celle-là même dont nous tenons notre légitimité vous autant que moi,… vous me reprochez finalement tout ce qui fait l’essence même de notre alliance.

Notre dernier échange a été à l’image de votre attitude : condescendant. Vous m’avez dit « on se retrouvera un jour » Je vous réponds OUI ; si c’est pour bâtir et créer avec d’autres, NON si vous restez agitateur et dogmatique.

Durant mon passage dans cette délégation et plus généralement dans cette mairie je n’ai rencontré que des agents motivés, intègres, dignes les mêmes que vous traitez de « tattistes et zuccarellistes » et qui sont les véritables acteurs de cette belle institution que tous dénigrent mais que certains rêvent d’intégrer. Il suffit pour cela de voir les recrutements issus de votre comité de soutien.

J’ai aussi rencontré, au quotidien les bastiais pour discuter, échanger, débattre et aménager. Je continuerai à le faire directement car ce lien perdurera et vous venez de le renforcer.

Alors que notre ville portait une nouvelle génération d’élus à sa tête, vous voilà, vous « l’ami des jeunes » exclure le plus jeune d’entre eux. Le symbole est à l’image de votre geste : pathétique.

Je ne suis qu’un bastiais, inféodé à aucun système, un passionné de ma ville, un citoyen qui veut sortir des logiques sclérosées. Et vous, en 16 mois par votre gestion micro-communale et conservatrice vous avez affaibli, réduit et isolé Bastia. Une ville qui se fige est une ville qui se meurt.

Je suis spectateur de votre incompétence et tellement désolé de vous voir incapable d’incarner la fonction de maire qui d’ailleurs ne vous semble pas assez intéressante au regard de votre obsession régionale. Votre colère peut être un sentiment, elle ne sera jamais un moteur.

Par votre acte, vous représentez définitivement un chef de meute plutôt qu’un maire rassembleur. Je n’ai pas quitté un système installé depuis 45 ans pour alimenter au bout de 1 an un clan, le fameux « nouveau clan nationaliste ». Tout le cocktail y est, il ne manquait plus que la purge : la voici. Finalement, mon seul tort serait-il de ne pas être simeoniste ?…

En purgeant la mairie de cette manière – à qui le tour ? – vous montrez votre vrai visage : rejet, exclusion et autocratie ; seriez-vous prisonnier de votre histoire ? Etre évincé d’un système de pensée unique est donc un honneur pour les convictions et les valeurs que j’ai toujours défendues.

Avec vous, les bastiais sont passés de la confiance à l’impatience et maintenant à la défiance. Ils sont encore une fois les seules victimes.

Par cet acte que je qualifie de bête, arrogant et triste, vous excluez un habitant, un passionné, un homme jeune, un motivé ; tout ce que vous ne semblez pas être pour notre ville.

Pour ma part, sachez que je serai toujours mobilisé pour l’intérêt général.

Je finirai par vous donner un conseil – sans rancune – Sortez de votre haine et reconstruisez-vous dans le meilleur et l’optimisme pour Bastia, par passion.

Julien Morganti