Justice La publication d’un rapport de chambre régionale des comptes n’est jamais un moment totalement réjouissant, tous les responsables politiques savent cela. Même quand il est en forme de satisfecit, et c’est le cas du dernier rapport relatif à la ville de Bastia, il pointe forcément des imperfections, des lacunes qui agacent une majorité et réjouissent une opposition.

Pour tirer la substantifique moelle du rapport relatif à la gestion de la dernière décennie de la ville de Bastia en distinguant l’essentiel de l’accessoire, il faut revenir aux grands principes et se poser des questions simples : la ville s’est elle enrichie durant la période, le service public a-t-il été donné, la pression fiscale et la dette ont-elles contenues, les capacités financières ont-elles été augmentées ? La réponse à chacune de ces questions est OUI.



Elle figure dans les 3 premiers paragraphes du rapport dans la partie dite « résumé » : « la situation financière s’est améliorée depuis 2002. La ville a augmenté son autofinancement et contenu son endettement. Elle reste cependant pénalisée par des marges de manœuvre contraintes.Si les dépenses de fonctionnement sont d’un niveau inférieur à la moyenne, elles affichent ainsi un taux de rigidité plutôt élevé, rendant malaisée toute économie substantielle. Les recettes de fonctionnement sont limitées, en raison de bases fiscales certes en augmentation mais demeurant toutefois faibles, malgré des taux de fiscalité stables mais élevés.L’effort d’équipement s’est accru en fin de période pour devenir nettement supérieur à la moyenne nationale des communes équivalentes grâce à la progression de l’autofinancement, mais aussi par l’utilisation du fonds de roulement existant en début de période. »Tout est dit et sans remettre en cause les imperfections pointées dans le rapport, il faudrait être d’une grande mauvaise foi pour ne pas admettre que l’équipe municipale a géré la ville de manière exemplaire. Pour mieux apprécier encore la performance, il faut comparer l’évolution de Bastia à celle des autres collectivités de même taille durant la même période. On constatera alors que dans tous les domaines Bastia soutient la comparaison.

  • Au plan fiscal, les taux d’imposition de Bastia n’ont pas varié alors qu’ils ont augmenté de 5% au plan national ;
  • Au plan de l’endettement, Bastia a réduit sa dette de 30% quand elle a augmenté de 10% dans le pays ;
  • Au plan des investissements, Bastia a multiplié par 6 (94€/hab en 1992 à 546 €/hab en 2007) ses dépenses d’équipement alors qu’au plan national, elle n’a augmenté que de 50% (240 à 340 €/h) ;
  • Au niveau des effectifs, Bastia n’a pas varié en 10 ans alors qu’ils augmenté de près de 14% au niveau national.

Ces objectifs ont été atteints dans une période de forte croissance démographique pour Bastia. Sa population a augmenté de 12%, passant de 39700 à 44300 habitants quand, dans le pays, elle n’a augmenté que de 0,6% par an en moyenne. Ce chiffre est doublement positif : d’une part il donne une idée supplémentaire de l’attractivité de la cité et, d’autre part, il illustre la performance d’une gestion permettant de satisfaire 1/8 de Bastiais de plus sans toucher aux grands équilibres. Il faut se réjouir de ce bilan, non pour « glorifier » une équipe municipale qui a tenu ses engagements, mais pour constater que les Bastiais bénéficient d’une situation favorable pour affronter les grands défis de la décennie qui s’ouvre.  Car il s'agit avant tout, d'œuvrer pour faire de Bastia une ville où il fait bon vivre, pour la qualité de ses services publics et son cadre de vie, tout en poursuivant sa modernisation autour des 3 chantiers majeurs que sont : la restructuration de Lupino, la rénovation du centre ancien et la construction du port de la Carbonite. A ma connaissance, il n'existe pas d'investissements plus "productifs" pour notre cité !

Consultez le rapport intégral sur le site de la Chambre Régionale des Comptes de Corse (PDF, 3.12 MO)