Bastia
 La campagne des élections territoriales a débuté un peu plus tôt que prévu à Bastia à l’occasion d’un rapport examiné par le Conseil Municipal le 25 janvier dernier. La discussion est venue sur le thème de la spéculation foncière à propos de l’examen du cahier des charges de la vente de terrains communaux à bâtir dans le quartier de Puretti, au sud de Bastia, dont l’une des clauses imposait aux promoteurs de réserver 10% des ventes aux primo accédants justifiant d’une année de résidence à Bastia.

Il n’en fallait pas plus à Gilles Simeoni pour demander que le bénéfice de la clause soit élargi à l’ensemble des corses justifiant d’une résidence de 10 ans dans l’île. Sous prétexte de ne pas priver les autres corses de la mesure généreuse prévue par la Ville de Bastia, il a «placé» la vieille proposition nationaliste visant à interdire à toute personne ne justifiant pas de 10 ans de résidence dans l’île, le droit d’y devenir propriétaire.

La suppression de la clause de résidence

S’en est suivi un débat fort utile qui s'est soldé d'une part, par le maintien de la partie sociale de la clause faisant obligation de réserver 10% des logements aux candidats à une première acquisition et d'autre part, par la suppression de la condition de résidence qui avait échappé à bon nombre d’élus de la majorité. Accessoirement, il a mis en évidence le caractère démagogique de la proposition nationaliste et donné, s’il était besoin, encore plus de résonance au sérieux de la politique de la majorité municipale

Car à Bastia, et depuis longtemps, c’est par une politique sociale courageuse et volontariste que la majorité municipale lutte contre la spéculation immobilière excessive et permet, non sans difficultés, la construction de logements pour toutes les catégories sociales sans qu’il soit nécessaire de recourir à des mesures juridiques d’exclusion.

La poursuite d'une politique municipale volontariste

Cette politique repose sur deux piliers :

  • des actions d’aménagement concrètes à savoir, la constitution de réserves foncières, l’adoption de documents d’urbanisme (POS, PLU, ZAC) et la réalisation équipements collectifs (eau assainissement, voirie, …)
  • une politique sociale volontariste faisant appel aux promoteurs privés et aux organismes HLM afin de mixer les types de logements.

Les quartiers du Fango et du Macchione illustrent la réussite de cette politique ; toutes les couches sociales s’y côtoient sans ségrégation à la satisfaction générale. Un tiers des habitants sont logés en HLM et une partie des propriétaires ont accédé à la propriété dans un cadre social. C’est en toute logique que cette politique se poursuit aujourd’hui à l’occasion de la restructuration du centre ancien et du quartier Aurore et qu’elle s’appliquera dans le quartier Puretti à propos duquel le débat est venu.

Les propositions démagogiques des nationalistes

Les nationalistes n’évoquent jamais ces résultats positifs car ils ruinent leur argumentation dont on voit bien que la finalité n’est pas sociale mais politique. Ils préfèrent monter en épingle le cas de quelques communes où, par négligence ou volonté délibérée, la situation est devenue intolérable pour les habitants tant le prix du foncier est devenu excessif.

L’objectif n’est pas de lutter contre la spéculation immobilière mais de promouvoir l’idée qu’en créant des frontières, en excluant les autres et notamment les Français, les Corses se porteront mieux.

Ces mesures, dont chacun perçoit intuitivement qu’elles sont stupides à l’ère de la mondialisation, sont de surcroît illégales. En effet, elles sont contraires au droit européen qui fort logiquement interdit toute restriction au droit de propriété à l’intérieur de l’Union. Et je crois savoir que personne, même chez les nationalistes, n’envisage de sortir de l’Union Européenne.