Drapeau-corse

En matière de promotion de la langue corse ma conviction est qu'il faut être volontariste  sans jamais exclure personne. On ne peut pas prendre des mesures qui conduisent à donner des droits aux seuls corsophones car une majorité des corses ne le sont pas. C'est la raison pour laquelle, j'ai demandé à Dominique Bucchini, en sa qualité de président de l'Assemblée de Corse, que l'on traduise les questions orales déposées et exposées en corse à l'Assemblée de Corse. C'est une manière de rappeler un principe de base et de poser les bornes intelligentes d'une politique ambitieuse.

C'est aussi une façon de permettre aux élus républicains de poser les questions orales en corse s'ils le souhaitent, sans crainte de blesser quiconque.

Voici la teneur du courrier que j'adresse dans ce sens en ce début janvier 2011 au président de l'Assemblée de Corse :

 

" Monsieur le président,

Au cours d’un entretien récent, j’ai eu l’occasion de vous alerter sur le problème posé par l’absence de traduction des questions orales présentées en langue corse lors des sessions de notre Assemblée.

C’est une anomalie qui prive une grande partie de nos concitoyens, sans parler de certains Conseillers Territoriaux eux-mêmes, de la possibilité de comprendre la teneur des échanges et par conséquent d’être informés des éventuelles décisions qui les concernent.

C’est d’autant plus regrettable que cela dénature, en la réservant aux seuls corsophones, cette initiative intelligente qui consiste à promouvoir la langue Corse en autorisant son emploi dans certains débats de l’Assemblée. 

Il s’agit aussi d’un manquement à la loi, à la règle de publicité des débats dans les instances délibératives qui est l’un des fondements de la démocratie. En l’occurrence cette publicité existe, mais elle est altérée par l’emploi, sans traduction, de notre langue régionale dont on sait qu’elle n’est pratiquée que par une faible partie de nos concitoyens.

Au moment où notre majorité a décidé, avec le soutien plein et entier du groupe politique que j’ai l’honneur de présider, d’engager une nouvelle phase plus dynamique et résolue de promotion de la langue corse, elle gagnera à affirmer sans détour, et en le démontrant dans les faits, que cette politique n’exclura personne.

Il n’est pas envisageable que notre volontarisme en matière linguistique se traduise par l’octroi de droits spécifiques aux corsophones et laisse de coté tous les autres – dont toutes les analyses indiquent qu’ils sont majoritaires dans l’île – qui n’ont pas eu la chance ou l’opportunité d’apprendre le corse à la maison, à l’école ou dans la société. Rien de durable, ni de crédible ne pourra se fonder sur une telle différence de traitement.

Pour en terminer, j’espère que vous aurez pu mettre en œuvre la traduction des questions orales dès la prochaine session afin de permettre à chacun d’employer le corse, si cela est souhaité, sans enfreindre la loi et les principes de base du débat démocratique.

Veuillez agréer, Monsieur le Président et cher ami, l’expression de ma considération distinguée."