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Le bilan de l'année 2010 dressé par Dominique Alzeari, Procureur de la République, à l'occasion de l'audience de rentrée solennelle de Tribunal du Grande Instance de Bastia est un véritable réquisitoire contre la politique de sécurité dans l'île.

"C'est une situation effrayante" affirme le haut magistrat ! Hausse de 35 % de l'activité criminelle et délictuelle en Haute-Corse avec des atteintes aux personnes et aux biens "qui ont connu une poussée très sensible", 1300 vols aggravés et 2200 faits de dégradation.


Ces chiffres confirment, si besoin était, que la politique de sécurité du gouvernement dans l'île est en échec. Je dois à l'honnêteté de préciser que ce constat  concerne principalement, sinon exclusivement, la petite délinquance dont l'explosion est la plus significative.

Je pourrais me réjouir de ce constat car il confirme ce que je dénonce depuis des mois et qui a motivé ma question au préfet de région lors de la session du 15 décembre de l'Assemblée de Corse. Mais ce n'est qu'une maigre consolation tant la situation est difficile et que l'on sait, de l'avis même du procureur de la république, que "l'année 2011 ne se présente pas sous les meilleurs auspices" .

D'ailleurs, pourquoi en serait-il autrement, pourquoi la situation évoluerait favorablement quand les autorités persistent dans l'erreur ? Persistent à nier l'évidence en prétendant que la réduction des effectifs de police et de gendarmerie est sans incidence sur la montée de la délinquance actuelle.

En tentant, sans convaincre personne, d'en rejeter la responsabilité sur l'institution judiciaire, prétendument "laxiste", alors que la réponse pénale est généralement prompte et plutôt rigoureuse en Corse.

Les préfets et l'ensemble des autorités en charge de l'application de cette mauvaise politique en Corse ne sont pas en cause, bien au contraire. On peug même affirmer qu'ils font un travail extraordinaire avec le peu de moyens dont ils disposent.

Songeons qu’à Bastia, en 5 ans le commissariat a perdu une cinquantaine postes alors que, dans le même temps, son périmètre d’intervention a été largement étendu. Désormais une seule patrouille de Police Secours et une autre de la BAC sont sensées couvrir efficacement un territoire de 70 000 habitants sur une distance de plus de 20 km. Dans ces conditions, il faut être d’un naturel particulièrement optimiste pour compter sur l’intervention de la police pour régler un problème de délinquance ordinaire.

Jusqu’ici les autorités pouvaient s’abriter derrière l’absence de données objectives, ce n’est désormais plus le cas. Je souhaite que cela les incite à changer de politique car il est peut être encore temps de redresser la situation sans que cela nécessite des moyens exorbitants. En méditant s'il y a lieu le fameux adage philosophique : Errare humanum est, perseverare diabolicum ! 

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15 déc 2010 : Question de M. Tatti au préfet de Corse sur la politique de sécurité dans l'île.
pdf  15 déc 2010 : Réponse du préfet de Corse sur la politique de sécurité dans l'île.
pdf
  24 nov 2010 Question orale de M.Tatti au Pt du Conseil exécutif sur la sécurité dans l'île.

pdf  24 nov 2010 Réponse du Président du Conseil exécutif sur la politique de sécurité dans l'île. 

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