Estimant que le rejet de la candidature de Jean Zuccarelli est «profond et irréversible», le dissident du PRG a demandé, le 27 février dernier, au candidat officiel de « se retirer pour faire gagner Bastia » via son compte Twitter. 

Par Sebastien Tieri, Publié le 28/02/2014

Jean Zuccarelli et François Tatti en mai dernier à la mairie de Bastia. Le fils et l'ex "fils spirituel" déçu qui a pris ses distances avec sa famille... politique.

Jean Zuccarelli et François Tatti en mai dernier à la mairie de Bastia. Le fils et l’ex « fils spirituel » déçu qui a pris ses distances avec sa famille… politique.
Le jeudi 27 février, en début de soirée, certains bastiais ont cru à un piratage du compte Twitter de François Tatti. Ce dernier ne croit pas aux sondages, mais il partage leurs conclusions d’un probable risque de défaite pour la gauche à Bastia. Dissident de l’équipe sortante, avec la leader socialiste Emmanuelle de Gentili, il fait le constat du rejet irréversible de la candidature de Jean Zuccarelli, que le PRG a désigné officiellement.  François Tatti conclut, toujours via le réseau social, par un appel étonnant au retrait lancé à Jean Zuccarelli. 

La défaite pour son camp est inéluctable si Jean Zuccarelli maintient sa candidature, c’est en substance ce que signifie ce message de François Tatti, qui demande à son rival de se retirer.

La réponse du candidat officiel n’a pas tardé, s’appuyant sur les scores des deux frères ennemis de la famille de gauche dans les sondages.  Le fils du maire sortant s’étonne de l’étrange demande de François Tatti sur son compte Twitter en indiquant  «cherchez l’erreur». Il faut dire que c’est un peu comme si Sylvain Fanti, avec son pourcent d’intentions de vote, réclamait le retrait immédiat de Jean-Louis Milani en invoquant le péril d’une déroute de la famille libérale.

Ce chjami è rispondi nocturne des deux représentants de la gauche n’augure rien de bon pour leur camp.

François Tatti qui avait indiqué, dans un précédent communiqué, ne pas vouloir faire de Gilles Simeoni le maire de Bastia, réitère par son Tweet son credo : « faire gagner Bastia», c’est ne pas la laisser tomber entre les mains des nationalistes d’Inseme per Bastia ou d’une éventuelle coalition qu’ils mèneraient.

La gauche dans la tempête

Mais l’adjoint d’Emile Zuccarelli, président du SYVADEC, a clairement et de manière répétée fermé aussi la porte à Jean Zuccarelli entre les deux tours. Comme lors du débat organisé mercredi dernier par RCFM et Corse-Matin où il a déclaré « il n’y aura pas de retour en arrière« . Jean Zuccarelli lui rétorquant qu’il devra en assumer la responsabilité.

Ce qui est difficile à comprendre, c’est que la carte qu’il semble vouloir jouer : celle de rassembleur, de leader, de futur maire – avec 12% des intentions de vote –  semble pourtant bien écornée, si l’on en croit les sondages et le contexte général de la campagne… Dans cette tempête, le temps est plus que jamais aux grandes manœuvres à gauche pour essayer de trouver tous les moyens de resserrer les rangs et de colmater les brèches, bien visibles, pour éviter que Gilles Simeoni ne prenne la barre. Et comme dans toutes les tempêtes politiques – et malgré toutes les déclarations bien pesées ou mal calculées – aucun scenario n’est à écarter…

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