Affaires, crise du pouvoir, crise des partis

Après Strauss Khan, Woerth, c’est désormais l’affaire Cahuzac qui défraye la chronique.

A l’évidence, il ne s’agit pas de quelques brebis égarées mais du reflet d’une véritable crise de système. Les passe-droit, l’argent facile, le sentiment d’impunité sont des ingrédients explosifs qui minent la plupart des partis politiques français.

En particulier, la crise qui secoue aujourd’hui le PS au niveau national relève d’une véritable dérive clanique. Ce n’est pas moi qui le dit mais le sénateur socialiste de la Nièvre Gaëtan Gorce dans un billet intitulé La crise d’un système, que je recommande vivement de lire.

Il décrit le processus qui mine le PS en évoquant la « confiscation du parti par une bourgeoisie d’appareil, qui a pris soin de remplacer l’intervention et le vote des adhérents par une cooptation systématique ». Il ajoute que « la parité comme le non-cumul des mandats vont conforter cette tendance en favorisant l’ascension de clonessans jamais contribuer à un quelconque renouvellement, notamment celle INDISPENSABLE relative à l’origine sociale des dirigeants. » Et il termine enfin en indiquant que la position, la notoriété des dirigeants « développe connivences et passe-droits ».

Ce parti est malade du mode de sélection de ses élites. Ce ne sont plus les meilleurs, les plus représentatifs de la société dans sa diversité qui sont à sa tête, mais ceux qui sont dans le système. A cet égard, la cooptation d’Harlem Désir vaut toutes les démonstrations.

Le parti socialiste commence à faire son autocritique, c’est très bien. Il n’est pourtant pas le seul concerné, ni au plan national ni au plan local. La plupart de ces maux nous les connaissons ici aussi : confiscation du pouvoir, fabrication de clones familiaux, passe-droit, impunité,… Ce sont des dérives qui bloquent l’expression de la démocratie dans notre société et qui freinent son développement.

Pour conclure ce petit billet matinal, il me faut préciser que si je partage l’analyse de Gaëtant Gorce sur la nature des maux, je ne suis absolument pas d’accord avec ses préconisations. On ne change pas les choses avec des « chartes » ou des « comités d’irréprochables » mais avec les urnes. Ce sont les citoyens, les électeurs qui bousculeront un système dont ils ne recueillent aujourd’hui que les miettes.